Schizophrénie, une maladie invalidante

La schizophrénie, du fait des symptômes et de la nature des symptômes, est une maladie qui a des conséquences fonctionnelles.

Quels sont les symptômes qui rendent la vie compliquée ?

Effectivement, pour les sujets souffrant de schizophrénie il y a malheureusement un premier élément, d’un point de vue diachronique, c’est que la maladie survient à un moment extrêmement important de la vie, le moment du jeune âge adulte, où on acquière des compétences, où on apprend, on étudie, on apprend un boulot, on s’insère dans un métier, dans la société.

Une désorganisation psychique et cognitive

Dans ce cas-là, avec une altération des capacités du fait de la désorganisation ou des symptômes négatifs, on apprend moins bien ou moins ou pas du tout ; il y a donc une rupture de ces éléments-là et de tout ce qui fait le sous-bassement de la vie de tout le monde, des individus.

C’est aussi le moment où on noue des interactions sociales, des interactions affectives, où on trouve une femme ou un mari, où on fait des enfants, ou pas ; on constitue sa cellule familiale propre.

Et c’est un moment où les différents symptômes, si vous avez des hallucinations permanentes qui vous disent que le monde est menaçant, font que vous n’allez pas rencontrer les gens, vous n’allez pas vous mettre dans des situations sociales.

Donc à cause de cela, à cause de cette phase initiale, et c’est pourquoi il faut essayer d’être très actif sur le traitement à ce moment-là, on a une altération de la constitution des véritables fondations de ce qu’est la vie de n’importe quel individu.

C’est vraiment un élément important qui donne beaucoup d’enjeu sur le traitement précoce et sur le traitement de cette période de la vie.

La persistance des symptômes

Même quand ils sont améliorés par les traitements, il reste un certain nombre de persistances symptomatiques qui font que les sujets ont plus de difficultés une fois de plus aux interactions sociales, ont plus de difficultés à organiser leurs actions, et à cause de ces éléments-là on voit bien qu’ils ont plus de difficultés dans une société extrêmement compétitive, pas forcément très soutenante, où il y a quand même beaucoup de valeurs d’individualité qui sont mises en avant.

On a beaucoup de difficultés à leur permettre d’avoir une insertion correcte dans la société. On le sait, les patients souffrant de schizophrénie ont un niveau d’emploi très inférieur à la population générale puisqu’on tourne sur des niveaux d’emploi de la population qui est entre 10 et 20 %, au mieux.

A côté de cela, la schizophrénie est une maladie extrêmement stigmatisée socialement ; les maladies mentales sont stigmatisées.

On avait fait un sondage, avec la Fondation FondaMental sous l’égide d’Ipsos, qui mettait en évidence que lorsqu’on interrogeait des populations, une population française « classique », sur l’autisme, le trouble bipolaire et la schizophrénie, on voyait que les patients qui souffraient de schizophrénie étaient ceux qui étaient le plus perçus comme à mettre à l’écart.

On voit donc quand même cette perception difficile et cette stigmatisation ; les patients propres ont des difficultés, et d’un autre côté la société a tendance à les mettre à l’écart.

By |2018-12-28T15:58:15+00:00décembre 28th, 2018|