L’espérance de vie du schizophrène

Au 21e siècle, en France, on a une espérance de vie qui croît considérablement, et les patients souffrant de schizophrénie, malheureusement, ont une espérance de vie qui est très inférieure à celle de la population générale, entre 15 et 20 ans de moins, ce qui est énorme, et avec un différentiel qui ne se réduit pas, c’est-à-dire qu’on pourrait penser qu’on gagne pour eux mais pas du tout.

La santé du schizophrène

D’un côté il y a un facteur de vulnérabilité à certaines maladies somatiques, comme par exemple le diabète, qui peut être lié à la nature de la maladie d’un côté et qui peut être liée également aux thérapeutiques qu’on emploie. Il faut donc être extrêmement prudent, extrêmement vigilant.

De l’autre côté, les patients souffrant de schizophrénie ont tendance eux-mêmes, du fait de la difficulté, des symptômes négatifs, de la désorganisation, à s’occuper de leur santé, et sont donc beaucoup moins vigilants par rapport à ça ; ils passent à travers les mailles du filet des médecins traitants, etc. C’est donc une difficulté majeure.

La stigmatisation de la schizophrénie

A côté de cela, ils sont aussi stigmatisés. Les études qui ont été menées dans les pays anglosaxons, en Australie, en Angleterre, montrent que si vous avez une pathologie psychiatrique et que vous présentez un syndrome cardiaque qui vous amène aux urgences, vous avez une probabilité de recevoir un stent, c’est-à-dire quelque chose qui va vous dilater les coronaires et qui est le traitement le plus efficace dans ce cas-là, très inférieure si vous exprimez un syndrome psychiatrique.

On voit donc bien qu’il y a une quand même une attitude péjorative et avec la considération, très inconsciente, qu’il n’est pas forcément justifié de s’occuper de ces patients-là.

On voit bien de multiples paramètres qui concourent à rendre difficile pour les patients souffrant de schizophrénie la vie dans notre société ; avec un élément aussi très important, c’est que malheureusement le suicide est extrêmement élevé dans cette population-là, entre 11 et 13 % des patients souffrant de schizophrénie meurent par suicide, ce qui concourt bien sûr à la baisse globale de l’espérance de vie.

C’est vraiment une maladie pour laquelle le suicide est insuffisamment prévenu et pour laquelle il y a des risques importants, en particulier dans la phase initiale de la maladie, les cinq premières années, dans ces moments-là où justement les patients doivent renoncer à tout un tas d’espérances, où ils ont besoin de soutien, où ils sont parfois en difficulté par rapport à la société.

Ce sont des moments de vulnérabilité importants qui entrainent ce risque majeur et qui est vraiment un élément supplémentaire de toute cette difficulté, de toute cette souffrance que doivent supporter les patients souffrant de schizophrénie.

 

 

By |2018-12-28T15:59:06+00:00décembre 28th, 2018|